mardi 21 octobre 2014

Amplificateur de vulnérabilité


Définir la notion de déconditionnement


Une maladie chronique entraîne avec le temps des répercussions qui vont bien au delà d’un atteinte organique. Des complications dues à la maladie ou à ses traitements surviennent. D’autres troubles de santé en sourdine se signalent. A tout cela s’ajoute un réflexe de repos forcé qui amène le patient à basculer dans le cercle vicieux du déconditionnement physique et psychosocial. Cette bascule active un processus psychophysiologique d’inactivité physique. Il agit comme un amplificateur de la vulnérabilité provoquant des situations de dépendance et une qualité de vie altérée (Préfaut et Ninot, 2009).

Un exemple ? Prenons au hasard un Fibro-atteint.

Pour atténuer ses souffrances, le Fibro-atteint "actionne son déconditionnement" en adoptant un train de vie sédentaire. Il devient alors plus sensible encore à la douleur, perd confiance en ses propres capacités physiques, puis les perd objectivement, pour enfin ressentir une appréhension (voire une peur) face aux mouvements...

Et hop, cercle vicieux enclenché.

et oui : des fois je sers de modèle nu.
La suite ? dépression, troubles métaboliques et osseux, perte de la qualité de vie, voire réduction de sa durée.

Et re-hop, on relance le cercle d'une main vigoureuse, et si possible dans une pente. Une vraie petite centrifugeuse.

Le premier mauvais réflexe (quasi inévitable) est donc pour le malade de s'isoler et de stopper les activités physiques*. Le premier bon réflexe sera donc de l'aider à se resocialiser et de reprendre une activité adaptée

Plus facile à dire qu'à faire. Et là, "prendre son mal en patience" acquière tout son sens.
Ceux d'entre-nous qui ne peuvent pas encore  arriver ne doivent pas pour autant s'en prendre à eux-même et dériver encore plus vers la dépression: plus on est descendu bas, plus douce doit être la remontée. Je crois qu'un an n'est pas de trop quand même une simple marche de 10 minutes peut devenir un calvaire.

De surcroît je pense qu'il est impossible d'y arriver seul, à moins d'avoir la chance de connaître des périodes d'amélioration nette. On est presque dans une logique de rééducation physique telle que peuvent connaître certaines personnes opérées.
Kinésithérapie et balnéothérapie peuvent être pris en charge, il faut savoir en profiter. Paradoxalement, je crois que le re-conditionnement est plus dur à supporter pour les anciens sportifs qui ressentent encore plus fort que la moyenne ce qu'ils ont pu perdre comme capacités.

Et à la fin des fins, n'oublions pas que tout ça ce n'est pas pour guérir mais pour aller le mieux possible, ce qui n'est pas la même chose.

*Vu la moyenne de temps entre les premiers signes et le diagnostic, souvent passée bien seul(e)...

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