jeudi 13 août 2015

Au chocolat svp (j'ai vu Cake avec Anniston et Worthington)

Cake est le premier film que je regarde et qui évoque la problématique des douloureux chroniques*.



 Cet article est garanti sans spoilers.

Commençons par ce que j'ai ressenti comme vaguement négatif: 
  • C'est un film américain
  • Le personnage principal est plein de thunes et a un gros soucis de moins à gérer que la plupart d'entre nous.
  • La problématique des médicaments: dépendances, risques, sevrage... est traité un peu légèrement. Même si la chimiothérapie est nettement présentée aussi comme une façon de "ne pas évoluer". Un mal nécessaire qu'il faut néanmoins pouvoir dépasser.
  • Le personnage principal parle régulièrement à une "amie" qui vient de se suicider, comme si elle parlait à son inconscient. Le truc est crédible pendant la partie du film ou elle est tout le temps défoncée à la morphine, mais une fois sevrée les visions persistent.... ça m'a un peu gêné.
Jenny a longtemps hésité entre moi et Brad, mais je ne lui en tiens plus rigueur.

Et ce que j'ai trouvé positif :
  • On est très loin de la bluette à laquelle je m'attendais. Pas d'eau de rose. Cette histoire reste réaliste, pas de compte de fée à deux dollars canadiens.
  • Le thème  de l'isolement subi ou "voulu" est joliment abordé sans être pointé trop ouvertement.
  • Y a pas un seul acteur (ou personnage même secondaire) qui ne soit pas au niveau et Anniston est juste magistrale. On sent qu'elle a pris des cours depuis Friends. Si vous êtes sensibles, un paquet de kleenex proche de vous peut être une bonne idée.
  • On découvre le système américain prenant en charge la douleur chronique, même si c'est par les yeux d'une personne riche et donc très aidée matériellement. Chacun jugera mais cette idée des groupes de parole pourrait être une idée à développer ici. En france ce sont les assocs qui assurent un peu ce rôle là, mais la supervision par des professionnels formés restera un manque pour nous encore un bon moment.
  • Ce film est une tranche de vie. On ne nous explique pas tout du début à la fin et on prend l'histoire en route, à un moment charnière. C'est intéressant sans demander un effort énorme non plus. 
  • La technique du rélaisateur est impeccable. Il y a un gros travail sur la mise en scène, les symboles (notamment le titre mais je vous laisse trouver vous même en regardant le film)... sans que ce soit trop lourd. La photographie est également excellente.
 Je vous conseille donc ce film fortement. Mais attention, le thème général pour moi est plus dédié à la thématique du deuil et de la douleur psychique, que de la douleur physique "pure" (et pas du tout à la fibromyalgie). Dans l'histoire, le personnage doit en effet faire face plus encore à la perte de "sa vie d'avant" et de son jeune fils qu'à ses soucis physiques.

*N'hésitez pas à me diriger vers d'autres films qui en parleraient.

Et sinon, vous avez le droit des préférer aussi les films "pizza-bières" aux films à kleenex.


2 commentaires:

  1. Très bonne critique Monsieur le spécialiste du 7ème art.

    Mais t'as pas fourni les esquimaux?

    Amitiés, nono

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