mercredi 14 janvier 2015

un matin comme les autres

Mon réveil va sonner dans 3 heures. Je suis déjà en alerte.

Bizarrement, les douleurs ne me réveillent plus très souvent: je les intègre dans mes rêves comme on y intègre un son étranger. Toutes les nuits je souffre donc aussi en rêves, même le sommeil n'est plus un refuge.

Encore une fois, j'ai l'impression d'avoir été victime d'un accident de la circulation. Je ne bluffe pas : j'ai eu un accident de moto à 130km/h je sais donc de quoi je parle.

J'ai donc vaguement dormi 4 heures. Je ferme les yeux et j'attends. Je me suis sans doute endormi et réveillé une bonne vingtaine de fois, minimum. 

Il faut lever ce corps qui me fait l'effet d'avoir 40 ans de trop: les enfants doivent aller à l'école, le chat miaule de faim comme le diable qu'il est. Le moindre geste doit être préparé en pensée avant d'être accompli. J'optimise mes gestes pour avoir le moins mal possible. J'avale 200mg de tramadol, il ne fera pas effet de suite alors autant ne pas traîner.

Lumière, bruit, odeurs, voix.... je n'ai pas beaucoup de marge de manoeuvre. Tout est agression. Il n'y a que 2 réponses possibles, le silence ou l'explosion. Ce matin je serai en mesure de garder le silence et c'est toujours ça de gagné pour mon entourage.

Je souffre d'effets paradoxaux avec les opiacés, le tramadol va aider à suporter la douleur mais va m'interdire tout repos. J'ai vite l'impression d'avoir avalé une cafetière entière. Je vais le payer, d'ici une douzaine d'heures, peut être avant. A ce stade, seul compte le moment présent. Les cocaïnomanes et les alcooliques doivent comprendre de quoi je parle.

En toute lucidité, j'ai envie de mourir, je rêve d'une crise cardiaque subite et expéditive. Je ne souhaite pas trépasser, je ne ressens aucune déprime, mais il n'y pas d'autre solutions logique sinon de provoquer un coma et d'attendre la rémission (ou un traitement miracle, même non curatif).

C'est une journée potentiellement chargée, à moins que pour monsieur Toulemonde ça ne soit qu'une journée bien peinarde ? Quelques travaux d'entretien, de petites courses à faire. J'ai perdu tous mes repères de normalité depuis des années de toutes façons.

Ca reste une matinée comme les autres.

1 commentaire: