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mardi 30 juin 2015

Même les stars sont prises pour des quiches

Même une star millionnaire peut être prise pour une simulatrice.

Personne n'est à l'abri face aux incompétences et autres inhumanités du  corps médical, pas même une star comme Avril Lavigne.
Ok ce n'est pas la fibro, c'est la maladie de lyme, mais l'errance médicale* et les symptômes sont si semblables....
*Au passage on apprend que les médecins américains font des diagnostiques par ordinateur... ça donne envie de vomir.

Invitée dans l’émission de télévision américaine Good Morning America, la chanteuse canadienne a fondu en larmes. Avril Lavigne évoquait son combat contre la maladie de Lyme, une infection bactérienne, et son état de détresse l’an dernier. Elle avait passé cinq mois au lit et enchaîné les rendez-vous médicaux. « Les meilleurs spécialistes me montraient leur ordinateur et disaient 'Fatigue chronique' ou 'Pourquoi vous n’essayez pas de sortir du lit et de jouer du piano, Avril ?' ou encore 'Est-ce que vous êtes déprimée ?' C’est ce qui se passe avec beaucoup de gens qui sont atteints de cette maladie : ils n’ont pas de réponse à leur fournir et ils leur disent qu’ils sont fous », a-t-elle déploré. Finalement, le diagnostic a pu être établi après de nombreux mois.



Personnellement  je trouve qu'elle surjoue un peu....


Et un petit flashback, en mode souvenir de mes 20 ans (ou quasi).

samedi 13 juin 2015

preuve d'un lien système immunitaire et cerveau

La revue Nature nous annonce une découverte sensationnelle: un lien direct entre système immunitaire et cerveau.


Voilà qui relance la recherche et brouille encore une fois les pistes et les frontières entre les troubles psychosomatiques et les ennuis physiques.

je sais pas vous mais moi je suis excité comme une puce:



Evidemment, c'est tout en anglais. En gros, on sait maintenant que le cerveau, via les méninges, gère les "chemins" empruntés par les lymphocytes un peu comme un gendarme gère la circulation à un carrefour. La possibilité donc d'un cerveau "mauvais gestionnaire" et générateur de pathologies est à prendre au sérieux.
Paralèllement, des pathogènes pourraient utiliser le système immunitaire pour accéder au cerveau et au système nerveux (et là c'est moins cool quoi que tout aussi intéressant). C'est le cas dans certaines maladies repérées chez des animaux comme la souris ou la fourmi.

Et voilà de nouvelles pistes lancées pour lutter contre l'autisme, la fibro, la sclérose en  plaque, etc.

ordre du prefet: on arrête tous les globules blancs qui téléphonent au volant

On va pouvoir parler de neuro-immunité ou de neuro-inflammation. C'est pas rien. J'imagine par contre que les bénéfices et découvertes de traitements ne vont pas arriver de suite car les mécanismes sont certe répérés, mais pas du tout compris.... Il ne reste plus à ce que les neurologues et les immunologues acceptent de travailler ensemble au lieu de s'ignorer royalement.

Un pas reste un pas.

Edit au 15/06/2015: article un peu traduit et un peu commenté sur slate.fr :

http://www.slate.fr/story/102975/cerveau-systeme-immunitaire-neurologie

jeudi 11 juin 2015

douleur et dsm-5

"Tout le monde vit des difficultés. Certaines personnes sont seulement meilleures pour le cacher que les autres*. » 

*edit au 12/06/2015 suite à une erreur d'interprétation

Ci dessous un article du JIM que je cite in extenso pour ceux qui ne sont pas inscrits à ce journal de médecine (sinon l'inscription est gratuite). En rouge, le passage que je pense être majeur dans l'article.

En gros: un grand professeur s'interroge sur le fait que les douleurs chroniques ou persistantes soient intégrées au DSM.


Le Professeur Joel Katz (exerçant à l’Université York de Toronto, au Canada) consacre un article au problème de la douleur chronique ou persistante qui ne paraît pas avoir de justification d’ordre adaptatif, contrairement à la douleur aiguë dont la finalité semble à l’évidence de prévenir le sujet d’une menace immédiate (brûlure, blessure, fracture…) ou d’une situation perturbée (maladie).
Cette présentation est faite dans la perspective du DSM-5 qui reconnaît ce problème sous le nom de « trouble somatoforme » ou « trouble à symptomatologie somatique » (Somatic Symptom Disorder, SSD). Cette affection est caractérisée par des symptômes d’ordre somatique (douleur, gêne fonctionnelle…) très pénibles, voire invalidants, une fixation psychique sur ce sujet (« pensées excessives et disproportionnées, sentiments et comportements à l’égard de ces symptômes »), et une persistance de ces troubles pendant « au moins six mois. » On admet que cette douleur chronique « ne répond pas aux traitements » antalgiques classiques et se prolonge au-delà des délais habituels de guérison d’une maladie susceptible de l’avoir suscitée. C’est une douleur « sans origine anatomique ou neurophysiologique apparente » que d’autres psychiatres (avant l’ère du DSM triomphant !) auraient pu étiqueter « hystériforme » ou « psychopathologique. »
On doit toutefois émettre une réserve sur la certitude absolue que ce type de douleur n’aurait aucun substrat physiologique. D’une part, même en récusant les conceptions psychanalytiques sur la somatisation analogue à un « langage du corps » (ou/et de l’inconscient), il est difficile d’imaginer un effet sans cause génératrice. D’autre part, on estime désormais que « de nombreuses douleurs médicalement inexpliquées impliquent une interaction entre les mécanismes neurophysiologiques périphériques et centraux devenus déficients. » En somme, cette douleur chronique aurait aussi une valeur d’alerte, bien que moins patente que dans le cas des douleurs aiguës.
Paradoxalement, alors que le DSM-5 se détache ici du discours analytique de manière abyssale, le Pr. Katz lui reproche toutefois de « surpsychologiser » (overpsychologize) les patients se plaignant de telles douleurs au longs cours. De plus, « la sensibilité et la spécificité » du DSM-5 lui paraissent « faibles » à ce propos, d’où le risque de « diagnostic erroné et de stigmates nuisibles. » Cette question est d’autant plus importante que la douleur est sans doute l’une des choses les mieux partagées chez les humains, comme le suggère l’acteur et chanteur américain Will Smith : « Ne sous-estime jamais la douleur d’une personne. Tout le monde vit des difficultés. Certaines personnes sont seulement meilleures pour le cacher que les autres. »
Dr Alain Cohen


Référence
Katz J et coll. : Chronic Pain, Psychopathology, and DSM-5 Somatic Symptom Disorder. Can J Psychiatry, 2015; 60: 160–167.